Le village/Présentation

Présentation

Carte d'identité du village
  • N° INSEE: 09176

  • Situation : Luzenac se situe en bordure de la Route Nationale 20, à mi-chemin entre Les Cabannes (6 km) et Ax les Thermes (8 km). C'est un village dominé par les ruines du château cathare de Lordat. Il doit sa prospérité à la présence d’une très importante usine de traitement du talc. Il est traversé par la rivière Ariège dans laquelle se jettent le ruisseau de Caussou et celui du Labail.

    Sa situation permet d’accéder facilement aux curiosités locales :  Carrière de Talc de Trimouns, Route des Corniches, églises romanes (Unac, Vernaux, Axiat, Verdun), à la station d’Ax les Thermes et au Plateau de Beille.

    Les randonneurs de tous niveaux peuvent se balader sur les sentiers ceinturant le village ou gravissant la montagne vers les sommets avoisinants.

  • Habitants : Luzenaciens, Luzenaciennes

  • Altitude : 600 m

  • Population : 550 habitants

  • Hébergement : Camping, Hôtel , Gite

  • Jumelage avec Lassing (Autriche) depuis 1988
Histoire de Luzenac

Approche historique

La mention de Luzenac la plus lointaine semble dater de 1074.
Dans la donation du Lordadais faite par le comte de Foix Roger II à l'abbaye de Cluny, il est fait mention de la "villa de Lusinac".
Sans doute la consonance toponymique de Luzenac atteste-t-elle de son existence dès la période gallo-romaine. Les "fundi", domaines agraires post-romains, ont donné des patronymes suivis du suffixe -acum et des dérivés en -ac comme Unac, Savenac, Bestiac. Ainsi Luzenac serait supposé issu étymologiquement du domaine de "Lucenus". D'autres hypothèses toponymiques sont aussi proposées à partir des radicaux "leuz" ou "lauz".
En 1244, il est fait mention d'un "castrum" situé au lieu-dit "Castella", (mamelon au sud de Luzenac) dans un serment de Guilhem Bernat de Luzenac au comte de Foix Roger IV. Il ne reste plus rien de ce site. Cette petite seigneurie correspondrait au terroir du village et à celui d'un habitat fixe nommé "Sortadel", dont il est fait mention tout au long des archives médiévales. Aujourd'hui Sourtadeil est le hameau en surplomb de Luzenac.
Le dénombrement du comté de Foix en 1390 fait état de 22 "feux", soit une centaine d'habitants. Dans ce document y est mentionné à luzenac l'un des 59 moulins du Pays de Foix. En 1488 Raymond de Miglos, seigneur de Luzenac, vassal de Lordat, bailla à fief à Arnaud Peyre la forge de "Sortadel" avec ses dépendances et droits divers moyennant redevance. En 1515 fut affermée à Jean Traversier la forge "sise au bout du pont de Luzenac".
Une économie agro-sylvo-pastorale a fait vivre le village pendant l'Ancien Régime grâce aux droits d'usage garantis depuis l'époque féodale sur les fôrets et les pacages d'estive.
En 1650 par suite du mariage d'Antoinette de Miglos, fille du seigneur de Luzenac, avec le baron de Gudanes Hiérosme de Sales, le domaine seigneurial de Luzenac passa à la famille des châtelains de Gudanes. Les archives paroissiales font état de la construction de l'église Sainte Catherine en 1656 qui sera transformée et exhaussée par le clocher en 1842.
A partir de 1798 le domaine de Gudanes passa dans les mains roturières de riches négociants d'Ax, la famille Astrié, puis par voie d'alliances à des familles nobles qui affermèrent les forges de Luzenac. Bien avant l'essor des carrières de Talc sur le Tabe, Luzenac était connu pour ses ardoisières et ses forges "à la catalane" fonctionnant à partir des "moulines" sur le labail et sur la rive gauche de l'Ariège. Les restes des forges furent retrouvés lors de la construction de la voie ferrée Tarascon-Ax en 1888.
En 1848, 75 habitants de Luzenac et 51 d'Unac se groupèrent en syndicat de propriétaires pour acheter les montagnes, les bois et les vacants laissés par Gudanes pour 24000 francs. Cette indivision de la propriété communale perdure depuis lors.
Mais le développement et la croissance démographique de Luzenac ne démarrent qu'à partir du début du XXème siècle. La création de la Société anonyme des Talcs en 1905 et l'ouverture de l'usine de traitement d'abord sur le site du Moulin du Labail, puis en 1913 sur le site actuel assurent depuis la réussite industrielle de l'entreprise et la prospérité de la commune.

Célébrité:

Jean Michel, peintre du XVIIème siècle.
Décorations du Capitole à Toulouse et divers tableaux dont "les noces de Cana" (Musée des Augustins de Toulouse).

Jean Michel, peintre, est né à Luzenac en 1659, mort à Toulouse en 1709

Son père, Etienne Michel, était peintre. Mais ne se croyant pas assez habile dans son art pour développer les aptitudes de son fils, envoya celui-ci à Paris, dans l'atelier de François de Troy. Pendant 3 ans Jean Michel travailla avec ardeur sous la direction de son maître, cherchant à acquérir la correction dans le dessin et l'energie dans la facture. Il abandonna sa première manière de peindre et, comme la plupart des peintres toulousains de cette époque, il s'éprit des coloris des Vénitiens, notamment des Caravage...
En 1682, à l'âge de 23 ans, il vint se fixer à Toulouse, épousa la fille du peintre François Fayet et obtint une médaille d'argent dans un concours que Dupuy-Dugnez avait institué en faveur des artistes qui dessinerait le mieux une académie. Ce succès le fit nommer peu de temps après peintre de l'Hôtel de ville. Il devint portraitiste des Capitouls à partir de 1694.
Il mourut en 1709 à l'âge de 50 ans, après avoir usé dans les travaux scientifiques ses avoirs et sa santé. Il laissa 3 enfants: l'aîné, Louis Michel, mourut jeune à Bordeaux, Françoise et Marguerite, ses filles, peignirent comme leur père avec quelques succès, le portrait et les fleurs.

Le Talc de Luzenac

     Luzenac fait figure de capitale mondiale du talc. La Société des Talcs, entreprise familiale à ses débuts, est devnue un groupe mondial. Elle a fêté ses 100 ans en 2005. Elle compte aujourd'hui 270 employés permanents plus 70 saisonniers.

Le produit

Minerai naturel, le talc est un silicate de magnésium hydraté. C'est une roche tendre et friable que l'on trouve sous forme de veine. Il résulte de la rencontre géologique de deux massifs voisins, l'un apportant la silice, l'autre le magnésium. C'est ce qui s'est produit à "Trmouns" (Trois Monts) à 1800m il y a environ 100 millions d'années sur le massif de Tabe.
L'intérêt pour le talc se manifesta en Haute-Ariège dans la première moitié du XIXème siècle. Les hommes ramassaient par grattage à même le sol des pierres qui, descendues à dos d'âne vers les moulins à farine de la vallée, étaient vendues aux droguistes de Toulouse.

La carrière de Trimouns

Située à 1700m, la carrière de Trimouns s'étend sur 2 km. Elle est organisée en gradins à ciel ouvert et exploitée d'avril à novembre en raison du climat. Le filon de talc s'enfonçant dans le sol suivant une inclinaison de 40°, la découverture exige de dégager 8 tonnes de stériles pour récupérer 1 tonne de talc. Pelles hydrauliques, bulldozers et camions déplacent la montagne. Le tri automatique sélectionne dès l'extraction les talcs les plus blancs et les plus purs.
Le téléphérique assure un moyen de transport rapide, silencieux, économique. 5 km de câbles permettent d'acheminer le minerai jusqu'à l'usine de traitement de Luzenac, 1000m plus bas. Chaque benne transporte environ 1,5t.

L'usine de Luzenac

Dans l'histoire séculaire de l'exploitation, deux éléments interviennent pour permettre à l'entreprise d'entrer dans sa phase industrielle: l'arrivée du chemin de fer dans la vallée en 1888 et l'installation du 1er cable aérien en 1903 reliant la carrière à l'usine. Celle-ci est alors située sur la rive droite du ruisseau du labail. En 1905 est créée la Société Anonyme des Talcs de Luzenac et à partir de 1913 l'usine est déplacée à l'entrée de Luzenac sur la propriété Esquirol qui dispose d'une amenée d'eau et de vastes terrains proches de la gare.
Quelques chiffres de production:
1888: 825 tonnes ; 1905: 20.000t ; 1914: 70.000t ; 1950: 10.000t ; 1980: 30.000t ; actuellement; 42.000t.
A la sortie des bennes les minerais sont stockés dans les hangars, ce qui permet à l'usine de fonctionner en continu toute l'année. Après sechage, des broyeurs pendulaires reduisent le minerai en poudre micronisée de finesse standard. 400.000 tonnes de talc sont vendues annuellement : ce sont plus de 60 produits finis et 350 produits conditionnés, adaptés à chaque industrie utilisatrice, qui sont élaborés et stockés dans des silos avant l'expédition.

Les débouchés du talc

Environ 1500t sont expédiées par jour : un peu plus de la moitié en vrac, par camions ou wagons-citernes. Le reste est conditionné en sacs papier chargés sur palette ou en conteneurs souples.
Aujourd'hui le talc entre dans la composition de nombreux produits de la vie quotidienne. En 30 ans son utilisation a considérablement évolué. Surtout employé dans la fabrication dans la fabrication du papier ou des peintures, il est devenu un additif très recherché car il améliore les propriétés de nombreux produits chimiques et de procédés industriels. Les débouchés majeurs du talc sont : pharmacie et cosmétiques, peintures, papier, matières plastiques (une voiture contient 8kg de talc), céramique, agriculture (engrais), caoutchouc, alimentation...

En 2006 la Société des Talcs a pris désormais l'appellation " Rio Tinto Minerals-Luzenac". Elle appartient au groupe minier australo-britannique Rio Tinto, tout en gardant son entité juridique " Talc de Luzenac-France".
En 2011, la Société est racheté par le groupe français IMERYS et prend le nom de "Imerys Talc Luzenac France".